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« i can't remember to forget you » (ella)

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Alohomora !



MessageSujet: « i can't remember to forget you » (ella) Mar 11 Nov - 22:29

ft. ellamour && solilou
l'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi..
L'année fait ses premiers pas, doucement. La marée humaine de sorciers dans les couloirs l'accompagne vivement. Le tintement de la sonnerie qui annonce le changement d'une salle à l'autre. Les discussions animées qui flottent entre les murs, rebondissement d'une paroi à une autre, rentre par une oreille, ressort d'une autre. Il est si simple de capter les conversations qui s'attardent trop longuement. Les voix qui se hausse par mégarde, les indiscrétions qui glissent d'une bouche pour confier à une autre. Un sifflotement, un murmure, un fredonnement guilleret. Il y a tant à voir, à entendre, à comprendre. C'est un ersatz de spectacle divertissant, qui permet de passer l'intercours avec un amusement certain. J'établis l'emploi du temps de ma journée, mentalement. Il me suffit d'y intégrer une image visuelle, que je peux contempler intérieurement. J'ai l'impression de pouvoir façonner le lieu de mes pensées, parfois. Y ranger et classer, diversifier mes ressources, mes souvenirs, les catégoriser. Un palais mental, en quelque sorte. Restituée sous la forme d'une portion infime de forêt, d'immenses arbres pareils à des silhouettes noueuses et imposantes. Au centre de leur tronc, une petite niche sombre dans laquelle sont rangées mes pensées, mes souvenirs, mes rêves, mes cauchemars. Tous les créations et interprétations de mon esprit triées et classées à l'intérieur de mon être comme dans un bureau proprement rangé. Il est vrai, je ne peux pas nier, que c'est intensément pratique pour m'y retrouver dans ma tête. Mais tout ne se contrôle pas, comme nous semblons tous le penser. Nous ne pouvons pas soumettre l'entièreté de notre corps, de notre âme, à notre bon vouloir. On ne le peut pas.

Mes pas me mènent paisiblement le long du corridor qui traverse le deuxième étage. La cloche venant de mettre fin à mes deux dernières heures de cours sur la défense contre le mal. Une matière qui est restée, basée sur le fait qu'il est toujours possible aux soigneurs de créatures magiques de tomber sur une d'entre elles qui n'est pas pacifiste. Dans cette même optique, nous étudions plus généralement les créatures catégorisées comme négatives, maléfiques, agressives. Afin de pouvoir parer à toute éventualité, sans nul doute. Mon visage se fige à la vision d'un autre. Elle est là. Si près. Ne dit-on pas que l'on est incapable de s'arracher au souvenir de notre premier amour ? Du premier être auquel notre coeur s'est amouraché, du premier être auquel nous avons accordé son accès sans même imaginer les conséquences, plus tard. Son visage est de porcelaine, ses lèvres roses, fardées d'une teinte plus sombre. Cette bouche en forme de coeur sur laquelle j'avais eu tant de félicité à poser la mienne. Ella. Mon coeur se serre douloureusement à sa vue. Elle avait été mon paradis, elle était devenue comme mon enfer personnel. Ma mâchoire se contracte machinalement, mes traits se tirent. Pourtant, je sens sa chaleur s'échapper quand elle arrive à mon niveau. Mais avant que je ne puisse avancer d'un seul pas, deux paires de mains qui se pressent furtivement dans mon dos, envoyant une poussée puissante qui me propulse en avant. En direction d'un placard dont la porte est bien ouverte. Prémédité. Quelques mots soufflés au même moments. Sournois. Vicieux. Méchants. « Tu n'as pas ta place à Serpentard ! Espèce de paria ! » Mon bras qui se tend, instinctivement, à la recherche de quelque chose auquel me raccrocher. Un infime espoir d'en réchapper. Je sens du tissu sous la pulpe de mes doigts. Puis la chute dans l'espace clos du placard. Je n'entends que le cliquetis de la serrure qui se ferme et c'est le néant.

Je n'ai plus le compte des minutes écoulées avant de m'éveiller de nouveau. La douleur dans mon crâne pulse avec férocité et je laisse échapper un grondement. Je sens la chaleur de la blessure vibrer dans mon épaule également. J'ai du m'étaler lamentablement sur le sol en tombant. Un souffle irrégulier me fait lever le visage, soudainement. Je ne suis pas seul. Et je me retrouve en compagnie de la personne qui me cause la plus grande envie, la plus grande peine. Ella. Je la hais autant que je l'aime. Mon coeur bat de colère autant que de tristesse, autant que d'une perverse joie à l'idée d'être près d'elle. Mais le mal surpasse le bien, cette fois. Je ne pipe mot, je me contente de serrer mon bras contre mon épaule blessée et de passer inlassablement mon regard sur son visage délicat. Un visage dont le moindre trait est inscrit en moi, à jamais. Ella.

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Alohomora !



MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Sam 29 Nov - 14:32


   
« L'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi... »
« Ils sont bons les Serpentards ? »

Regroupées en cercle dans un des couloirs du second étage du château, des jeunes septièmes discutaient de Quidditch, ce sport sorcier si populaire particulièrement chez les jeunes. La plupart étaient de ces demoiselles appartenaient à la maison Gryffondor. La discussion allait bon train depuis l'annonce d'un tournoi de Quidditch. « Tout dépend de ta définition de bon ... » Ella, adossée contre le mur ne s'intéressait pas vraiment à ce jeu. L'engouement hystérique des gens de son âge pour cette activité la dépassait un peu. S'envoyer en l'air oui mais le Quidditch n'était pour elle pas si extraordinaire que tout le monde semblait le dire à Poudlard. Enfin tout dépendait du point de vue et de la façon d'interpréter l'expression « s'envoyer en l'air ». Cependant, Ella ne fit pas de commentaire scabreux ressentant le léger malaise qui s'était installé. Elle jeta un coup d'oeil à ses camarades dont la grande majorité avait pris une couleur pivoine en comprenant le sous-entendu de la Ravenwood. Décidément, certaines étaient choquées pour peu de choses. Pour briser le petit silence gênant qui s'était installé, la jeune fille leur adressa un sourire amusé et ajouta d'une voix plus professionnelle : « Si c'est de Quidditch que vous parlez, ils sont plutôt doués, mais Gryffondor n'a rien à leur envier ». Avec assurance, la demoiselle repensa à sa petite protégée, Leanny, capitaine de sa maison qui devait encore en train de s'entraîner et de réfléchir à diverses stratégies d'attaques. Ella n'aimait pas particulièrement le Quidditch mais c'était une très bonne commentatrice au regard avisé qui contrairement à ce que l'on pourrait penser est plutôt assez fair-play. La Rouge&Or ne faisait pas partie de ces gens qui se délectaient des guérillas puérils inter-maisons, bien qu'elle aime souvent jeter de l'huile sur le feu pour voir les uns et les autres se taper dessus.

Au bout de quelques minutes, la discussion s'épuisa lentement et les couloirs devinrent très silencieux. Ella était quant à elle plongée dans ses pensées, remettant à plus tard ses efforts pour s'intégrer et surtout pour s'ouvrir le plus naturellement possible aux autres en dehors des soirées. Parler de Serpentard avait réveillé en elle des sentiments obscurs qui remontaient déjà à plusieurs années. Puis les cours prirent fin lorsque le carillon retentit et une masse colossale d'élèves s'engouffrèrent dans les couloirs, se bousculant sans pitié. Les conversations reprirent de plus belle, passant du nouveau prof super canon au dernier examen de DCFM. S'étirant comme un chaton, Ella se joignit de nouveau au groupe sans grande conviction. Dans quelques minutes, son cours de Soins aux Créatures Magiques allait commencé, mais la jeune fille avait décidé de faire l'école buissonnière. Il ne lui restait plus qu'à se trouver une excuse. C'est alors que quelque chose la tira en arrière, au propre comme au figuré. La jeune fille se sentie glisser vers les profondeurs de son âme. Est-ce parce qu'elle repensait au passé ? Personne ne le saura jamais. Avant même qu'elle ne puisse réagir, la demoiselle se fit entraîner par cette traction si forte, désespérée, ultime. Deux phrases murmurées dont on ne saisit pas l'intégralité si elles ne nous sont pas destinées puis le noir complet et un bruit de serrure qui se verrouille.

Combien de temps est passé ? Une seconde, une minute ? Plus encore ? Ella venait de perdre sa notion du temps. Essoufflée, elle tentait de reprendre sa respiration et ne se préoccupant pas de la panique qui la submergeait progressivement. Son masque se fissurait mais cela lui était bien égal puisqu'elle venait de se faire enfermée seule, ou du moins le pensait-elle, dans un placard destiné il y a quelque temps à l'entretien du château mais désormais inutilisé. Tombée à quatre pattes sur le sol, la chute de la belle demoiselle avait cependant été amortie par quelque chose ou quelqu'un. De ce fait, elle ne s'était à peine écorchée la paume de chaque main. Un grognement de douleur la fait cependant revenir à la réalité. Toujours à quatre pattes au dessus de la personne lui ayant servit de matelas improvisé, la jeune septième année, leva les yeux avec appréhension. L'esprit de la Gryffondor se vida petit à petit laissant place à un vide sidérale. Putain de bordel de merde … Lui ! Comment est-ce possible ? Ella ouvrit la bouche mais aucun son n'en sorti. Elle la referma alors. Son cœur se serra, des souvenirs douloureux lui revinrent un tête, les-dits souvenirs qu'elle avait tenté de refouler plus tôt dans la matinée. Il était le seul homme à sa connaissance capable de lui faire cet effet là, de lui donner l'impression qu'ils étaient seuls au monde, que le temps s’arrêtait pour lorsqu'ils étaient ensemble. Immobile, la Ravenwood était dans l'incapacité totale de faire le moindre geste, son corps ne répondant plus à ses appels de détresse. Un silence religieux s'installa, troublé seulement par leurs souffles et grognements respectifs. Face à lui, même la douleur physique de la chute lui sembla dérisoire. Au bout de plusieurs minutes, Ella, dont la bouche était pâteuse et dont le rythme cardiaque s'était accéléré, réussi à aligner cinq lettres. Dans un murmure désespéré, elle chuchota : « Solal ... »
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MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Dim 30 Nov - 13:41

ft. ellamour && solilou
l'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi..
À ce moment précis, je prends conscience de l'entièreté de mon propre corps. Du moindre de mes muscles, du plus petit mouvement de mes articulations. Ce mécanisme intemporel que l'on néglige bien trop souvent. De la moindre connexion établie entre le corps en tension au dessus du mien. Ces délicates courbes imprimées à jamais dans la pulpe de mes doigts, des souvenirs qui s'imprègnent encore de ma mémoire. Pourtant, elle n'est qu'un dommage collatéral de l'incident d'aujourd'hui, je n'oublie pas la réticence de mes camarades. Un paria ? Pour le simple fait de ne pas exhiber ma ruse et mon ambition à la population étudiante. De ce fait, je suis militant pour la paix, ce qui semble être contraire à tout éthique de ma maison. Détruire pour réussir, réduire les obstacles à l'état de poussières afin de continuer sa route. Mais je me fous de ce que l'on appelle la "normalité", parce qu'elle n'existe pas. Où se situe-t-elle réellement ? Elle est propre à chaque individu. Le monde est composé d'une infinité de nuances de gris que l'on découvre à chaque jour qui passe, auxquelles on se confronte. Les gens ont tord de penser que les maisons de l'école comprennent le type d'élèves soigneusement correspondant aux valeurs qui leurs sont propres. Il existe des verts courageux, des rouges mesquins et violents, des jaunes d'un esprit vif et rusé. Des bleus généreux et loyaux. Ce n'est simplement pas ce qui domine dans leurs personnalités, ce qui leur aurait permis d'aller s'intégrer à la maison d'en face. Je me suis longtemps demandé la raison de mon envoi dans la maison des ambitieux et puis j'ai compris. Que je porte certains des traits associés aux serpents, dans un certain sens. Elles sont juste dirigées d'une manière plus positive. La méchanceté de l'homme ne m'étonne plus depuis longtemps. Je laisse voguer ces paroles aussi loin de moi que ce qu'il est possible de faire. Je ne m'attarde pas, parce que je connais qui je suis, je connais la valeur de mon être. C'est tout ce qui importe.

Cette facilité déconcertante avec laquelle j'arrive à ma plonger dans d'intenses réflexions pour occulter le malaise qui pèse dans le minuscule placard. Son visage de poupée, son souffle tiède qui échoue dans le creux de mon cou. Un stimuli et voilà que ma chair se teinte d'un frisson incontrôlé. Ses traits si délicats, aussi lumineux que mille soleils, dont j'ai épousé tant de fois les courbes de mes doigts. Sa longue crinière d'or et de brun mêlés qui retombent en de souples ondulations autour de nos deux visages. Cette proximité que nous ne nous étions plus permis depuis trop de temps. Et cette boule d'amertume qui loge au fin fond de mon estomac. Il fait trop chaud, bien trop chaud. J'étouffe. Et ces images qui reviennent inlassablement titiller ma mémoire, qui apparaissent successivement devant mes yeux. Ces sourires doux, emplis de tendresse. Ces éclats de rires. Ces soirées à se pelotonner l'un contre l'autre, au coin du feu. Ce sentiment de félicité qui me prenait tout entier à son contact. Je ne démentirai pas que l'on oublie jamais son premier amour. C'est un point essentiel de notre vie, c'est le départ de tout. Une plaie ouverte qui ne se referme jamais.

Il faut que je bouge, que je me déplace. Que j'échappe à ces yeux d'un bleu céruléen de ciel estival. Dans lesquels je me suis noyé, inlassablement. J'attrape les épaules d'Ellana, de son réel prénom, avant de la déplacer dans un même mouvement que celui de mon redressement. Le plus délicatement possible, afin d'éviter de la blesser plus qu'elle ne l'est déjà. Je ne souhaite pas la voir souffrir plus que maintenant, je ne l'ai jamais voulu. Toute ma haine, ma colère et ma tristesse ont toujours été redirigées vers une entité inexistante. Intangible. Nous avons nos tords, c'est arrivé comme ça et nous n'y pouvions rien. Je baisse la tête, utilisant le rideau de mes cheveux dreadés pour me dissimuler à sa vue. « Je ne voulais que tu sois entraînée là-dedans. Je me raccroché à ce qui passait, instinctivement. » Mais il a fallu que le Destin décide que ce soit elle qui soit là à ce moment précis. Un message à me faire passer, qui sait ? « Je suis désolé. » J'ai l'impression que mes excuses ne valent pas que pour cet incident. Qu'elles valent pour tout ce qui s'est passé, avant. Tout est étrange, dérisoire. Je ne m'imaginais pas nos retrouvailles, si elles avaient du se faire, dans cet atmosphère si...bizarre ! Je suis tendu. Je frotte mes bras de nervosité, comme pour enlever une pellicule inexistante sur ma peau. Je recule, m'adossant à la paroi froide du mur derrière moi pour me tenir convenablement. La tête toujours baissée. « Comment vont tes mains ? J'espère que ce n'est pas trop grave... » Je ne sais plus comment me comporter. Elle m'ôte toute capacité de réfléxion logique en sa présence. Elle est bien la seule. L'unique, Ella.  
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MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Mer 3 Déc - 17:16


   
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quand il s'agit de toi... »
Doucement la demoiselle se déplaça. Pas de son propre chef certes puisque c'était le jeune Serpentard qui en lui tenait les épaules se relevait et l'incitait à faire de même. Elle aurait, dans tous les cas, été incapable de le faire seule. Debout face à lui, elle se sentait idiote, planté là, raide comme un bout de bois, dans l'incapacité totale d'aligner deux mots ou même d'émettre le moindre son, les doigts croisés sur le haut de ses cuisses. Et même lorsque le beau jeune homme tenta une vaine explication du pourquoi du comment elle s'était, malgré elle, retrouvée embarquée dans cette histoire pour finir à quatre pattes au dessus de lui dans ce placard miteux, Ella ne l'écoutait pas. Son cerveau avait littéralement cesser de fonctionner délaissant par la même occasion les fonctions vitales de la jeune femme le loisir de se débrouiller toute seule.  Ella avait cesser de respirer, de penser, de vivre. Elle n'était pas du genre à s'évanouir pour un rien, la jeune demoiselle était plutôt même le contraire, ayant l'habitude de voyager dans toutes les conditions possibles et inimaginables. Pourtant, elle était comme sur le point de s'évanouir, à cause d'un homme. Respire Ella, bordel respire ! Un homme ne devrait pas être capable d'avoir autant d'emprise sur toi. Merde à la fin, reprends toi !! Inspirant dans l'urgence d'un besoin irrépréhensible d'oxygène, la poitrine de la jeune fille se souleva douloureusement. Apparemment ses mains n'avaient pas été les seules à ne pas avoir été épargnées. Elle avait du prendre un coup au niveau des cotes, la douleur ne se manifestant que lorsqu'elle respirait trop brusquement. Cela ne devait guère être très grave mais ce n'était cependant pas particulièrement agréable.

Tentant vainement de reprendre un souffle et un rythme cardiaque approximativement régulier, la Ravenwood hocha lentement la tête comme pour signifier à l'homme qui lui faisait face qu'elle avait entendu ce qu'il venait de lui dire. Entendu certes, assimilé pas le moins du monde. Son cœur lui disait de le fuir, de s'éloigner le plus vite possible de cet homme qui a coup sûr pourrait la blesser de nouveau, lui porter le coup fatal. Son corps, quant à lui, lui ordonner de courir se blottir dans ces bras qui lui avait tant manqué et de ne plus jamais s'en échapper. Jamais. Quant à son cerveau, c'était silence radio. Il était encore trop abasourdi par la situation si extravagante pour pouvoir prendre la moindre petite décision. Lorsque Solal rompit le contact visuel et physique qu'il avait précédemment établi entre eux, une sensation de manque s'empara de la jeune fille qui commença à se mettre à trembler, ses genoux s’entrechoquant involontairement. Elle était dépendante, tout en elle l'affirmait, le criait à la fois comme une malédiction et comme une bénédiction. Son être entier transpirait de cette addiction. Que pouvait-il lui arriver de mieux ? Que pouvait-il lui arriver de pire ? Tu ne vaux pas mieux qu'une gamine de onze ans qui s'est amourachée d'un bel homme plus âgée qu'elle. C'est toi qui est censée faire cet effet là aux hommes pas l'inverse. Tu vas te faire manger tout crue. Sa conscience, silencieuse ces dernières semaines, semblait sortir de sa longue période d'hibernation plus en forme et plus cinglante que jamais. Au moment même où Solal s'excusa pour ce qui semblait être le plus grand crime de toute l'humanité -Et si cela était le cas ? N'est-ce pas un crime de voler ainsi le cœur d'une jeune fille comme il l'avait fait ?- Ella n'avait qu'une envie : courir pour se pelotonner contre son torse musclé, pleurer de tout son saoul en lui assurant qu'elle ne lui en voulait plus le moins du monde, qu'elle était tellement désolée pour tout, laissant ainsi tomber son masque et ses émotions prendre le pas sur sa raison.

Il recule encore, elle désespère un peu plus. Il dissimule ses beaux yeux derrière un nuage formé par ses dreads, elle n'a qu'une envie c'est de les écarter, de laisser ses mains explorer de nouveau ce visage, son visage, d'imprimer chaque trait en elle comme elle l'aurait fait quelques années auparavant. Lorsqu'il lui demanda comment elle allait et comment allaient ses mains, elle brûla de lui proposer de venir vérifier par lui même. A cette pensée, son corps s'embrasa, ses muscles se tendirent encore plus qu'ils ne l'étaient déjà, son cerveau tournait à plein régime, son souffle se faisait plus saccadé. Elle n'avait qu'une envie c'était qu'il la touche, même si pour cela elle devait de nouveau s'approcher trop près de lui, à s'en brûler les ailes. Dans un effort ultime, la Gryffondor tendit ses mains dans sa direction, les paumes vers le ciel, et une fois qu'elle eu trouvé ses yeux sous cette barrière capillaire, elle planta les siens d'un bleu désormais ardent dans ceux du jeune homme. Jouant le tout pour le tout, elle chuchota d'une voix tremblante mais pleine de promesses : « Ça va, regarde je n'ai rien. Vérifie si tu veux ... »
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MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Mer 3 Déc - 22:09

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l'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi..
La pièce est exiguë, à peine éclairée de part le rai de lumière qui émerge des espaces infimes encadrant la porte. Mais je suppose que mes yeux se sont désormais habitués à l'obscurité latente. Les orbes céruléennes qui me font face détruisent le moindre semblant de réflexion qui gît en ma personne. Ces yeux dont je ne me suis jamais lassés, ces yeux dont la couleur varie tant par le temps que les émotions qui traversent la jeune fille à mes côtés. De nature latine, la chaleur fait partie de mon quotidien, de cette sensation naturelle et réconfortante de ma chair. Mais à cet instant. J'ai froid. Je ploie sous la fraîcheur de ce moment et mon corps me crie de réduire les centimètres qui nous séparent. Elle est une drogue. L'on a beau se sevrer, si la tentation s'agite devant notre nez, il est si difficile d'y résister. Je m'empêche de poser les yeux sur le creux délicat de son cou, cet infime endroit où j'avais la manie de poser mes lèvres. De sourire contre sa peau lorsque je sentais celle-ci réagir à ma douce caresse. De poser mes mains dans le creux de ses hanches, comme si elles avaient été crées pour ce geste. De humer le parfum de jasmin qu'elle dégageait. Cette senteur si familière, qui m'avait toujours cet signification : rentrer à la maison. Doux, subtil, indéniablement féminin. Floral, comme un goût de nature qui imprégnait sa chair soyeuse. Entêtant, puissant, qui reste imprimé dans le cerveau comme une tâche persistante. Pourtant, je m'étais noyé dans cette odeur. Noyé dans ce parfum qui correspondait à la personne que j'aimais. Et mon cœur battait bien trop fort pour que je puisse avouer le contraire.

Mon corps est figé, tendu. J'ai envie de me rouler en boule, de fermer les yeux et d'oublier cet instant. Parce que j'ai mal, j'ai mal à en crever, putain. Si je me mets à jurer, c'est que la fin est proche. J'suis au bord de la rupture. Il suffit de quelques minutes passés avec elle et je serre mes doigts sur mes cuisses à m'en laisser des marques, pour ne pas m'accrocher à elle comme si l'apocalypse était tout près. La pulpe au bout de mes doigts me démange et j'enfonce mes ongles dans la paume de ma main. Bordel. Je ne jette même pas un œil vers la porte parce que je sais qu'il faudra un moment avant que le sort ne se dissipe. La ruse n'est-elle pas une des valeurs principales de la maison Serpentard ? Je soupire, les yeux dissimulés derrière le rideau de mes cheveux. Je fuis. Je me cache. Pour ne pas affronter ce visage que je connais dans les moindres détails. Ce visage qui fait basculer mon cœur autant que de se serrer mon ventre. J'ai l'impression de pouvoir retomber un peu plus à chaque seconde. De vouloir le faire, de vouloir me jeter tout entier dans cette félicité. Mais je me reprends. Je ne veux pas qu'elle puisse voir la manière dont elle m'affecte. La manière qu'elle a de me faire perdre la raison.

Je m'enquière de l'état de ses mains, doucement. Je ne veux pas la voir blessée, ce n'est dans aucune de mes intentions. Je me fige quand elle allonge ses bras, tend ses mains vers moi, paumes levées vers le ciel. J'observe les petites zébrures rougeâtres qui tranchent sur sa peau pâle, les gravillons incrustés dans sa peau. Elle va se refermer dessus et elle ne semble pas s'en soucier. Pour le moment. Elle regrettera plus tard. Je me penche en avant, fait glisser ma baguette le long de ma poche jusqu'à ce qu'elle atterrisse dans ma main. Puis je la rapproche dans l'espace entre nos deux corps. Dans un mouvement doux, pour ne pas l'effrayer. J'attrape sa main dans ma mienne, paume toujours levée, soulevant l'ensemble à la hauteur de mon cou pour distinguer mes actions correctement. Mes yeux se fixent sur ses blessures dont le sang a désormais séché. « Tergeo. » Le regard suivant le liquide carmin qui s'évapore vivement, j'enchaîne sur la suite, essayant de ne pas m'occuper de la chaleur de sa main qui se diffuse lentement dans la mienne. Je mordille mes lèvres de concentration, veillant à ne pas forcer sur l'intensité du sort. « Episkey. » Les stigmates se referment avec une vitesse surprenante. La paume de sa menotte est de nouveau comme neuve, d'une texture de soie. Et là, c'est le drame. Mes synapses refusent de se connecter de nouveau et en quelques secondes, je me retrouve à tenir sa paume contre ma joue. Mon souffle s'échoue sur ses doigts, certainement. Mais je suis bloqué, dans un monde d'ailleurs. Il n'y a que la douceur de sa peau contre la mienne. Mes yeux bloqués dans les siens, comme si j'avais été aspiré à jamais, sans espoir de retour. À contempler la variation de bleus, ce camaïeu d'azurs dans ses prunelles. Et je reprends conscience, mortifié. Je lâche sa main, un peu trop vivement. Mon dieu, c'était quoi ça ? J'étais aussi hypnotisé que la papillon venant voleter trop près de la flamme vacillante d'une lanterne. Elle me rend dingue. Je suis fou. Fou d'elle. Misère. J'ai l'impression qu'en la regardant, j'oublie tout ce qui s'est passé. Toute cette tristesse, toute cette colère. Qui s'envolent en un instant, à son contact. Bordel. « Désolé. Je sais pas ce qu'il m'a pris. » Je roule des épaules une nouvelle fois, veillant encore à l'intensité de la douleur. Un peu plus supportable qu'avant. Mes doigts me picotent encore, étrange. Se pourrait-il que ma magie s'accorde plus avec Ella qu'avec les autres ? Je ne sais pas, mais je sens vibrer quelque chose dans mon corps. Quelque chose d'inhabituel. Comme si l'on avait branché une prise après des années d'inutilisation. Je fronce les sourcils, observant mes doigts et la sensation qui s'éternise. « Toi aussi tu le sens ? » Le temps d'une inspiration, d'un souffle, d'un battement de cils. « Ce picotement. Tu l'as ? Ou est-ce que je délire ? » J'avale ma salive, les yeux fixés sur elle. Elle est le point d'ancrage, elle l'a toujours été. Depuis le début. Je n'arrive pas à garder les yeux ailleurs que sur sa menue silhouette. Je murmure, le souffle court. « J'ai l'impression de devenir fou... »    
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MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Dim 14 Déc - 20:32


   
« L'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi... »
Lentement il observa ses paumes tournées vers le ciel comme une offrande. Elle se mordit la lèvre doucement tandis qu'il s’approchait à pas de loup. Cette proximité sans qu'elle ne puisse, sans qu'elle n'est le droit de le toucher la brûlait de l’intérieur. Il se pencha lentement, Ella se tendit en réaction. Chacun des gestes du beau Serpentard avait un impact, une influence directe sur sa façon de se mouvoir, de respirer, de penser de la Gryffondor. Chose qui devenait de plus en plus complexe dans l’exiguïté du placard à balais. Mais l'espace les séparant s'amoindrit. Il était doux dans ses gestes, il l'avait toujours été et pourtant cette douceur était terriblement douloureuse. Il était l'homme qu'elle ne pouvait plus se permettre d'aimer et elle le savait pertinemment bien. Sans qu'elle ne réalise complètement ce qui ce passait, Solal s'empara de ses mains délicatement, qui paraissaient si petites au creux des siennes. Le contact froid du bois la ramena à la réalité. Ébahie, elle le fixa, l'observa, analysa le moindre de ses mouvements, le moindre de ses gestes. Il semblait calme pourtant on devinait facilement qu'il ne l'est pas le moins du monde. Sous cette apparence paisible, le feu bouillait . Sort après sort, les petites blessures bénignes qui ornaient les mains d'Ella furent nettoyées puis disparurent progressivement jusqu'à ne laisser aucune marque apparente de la douloureuse chute de la demoiselle. Solal était vraiment très doué pour son âge, la jeune Rouge&Or ne pouvait s’empêcher de le remarquer.

Alors, sans qu'elle ne comprenne ni pourquoi ni comment, la main de la Ravenwood se retrouva contre la joue du Rosebury. Sa peau était douce et délicate. Elle était chaude et ce contact était terriblement enivrant. Un courant électrique parcourut Ella qui serait très certainement morte sur place si le dit courant avait été réel. Si Ella avait été capable d'une moindre pensée cohérente à ce moment là, elle aurait très certainement relevé comme pour elle même qu'elle venait enfin de comprendre la juste signification de l’expression « dévorer quelqu'un des yeux ». Les yeux du jeune homme ne la lâchaient pas. Quant aux siens ils passaient par toutes les nuances de bleus possibles et inimaginables. Ce contact, sentir son souffle contre ses doigts, était terriblement excitant, salutaire, addictif et douloureux. Un cocktail Molotov. La jolie demoiselle avait la sensation que son sang était petit à petit remplacé par un liquide alcoolisé qui prenait un malin plaisir à s'enflammer. Ce petit moment qui ne dura que quelques secondes, les plus longues secondes de la journée sans le moindre doute pour les deux amoureux transis, et pourtant il prit fin de manière si brutale, un véritable retour à la réalité en somme. Sa main retomba mollement contre le corps de la septième année. En la lâchant ainsi, Ella eu la terrible impression qu'il avait aspiré toute son énergie, toute sa magie. Ce garçon avait bien plus de pouvoir sur elle qu'elle n'avait pu se l'imaginer jusqu'à lors et il continuait encore à la surprendre. Ses mains brûlaient déjà en manque de la peau de Solal, réclamaient à nouveau un contact plus prolongé, qui s'éterniserait. Ce dernier se confondit en excuses et pourtant … Ella était sur le point de pleurer, tout ceci était empli de bien trop d'émotions pour son petit corps, pour son âme brisée, éparpillée. Il avait cet effet là sur elle, celui de faire remonter tous les sentiments qu'elle avait si profondément enfouie en elle et qui n'avait jamais refait surface depuis lors. Il était son air, son oxygène, sa source de magie, de vie.

Lorsqu'il lui demanda si elle aussi avait ressenti ce picotement si caractéristique, cette décharge électrique lorsque leurs peaux entraient en contact, la bouche pâteuse, la langue sèche elle acquiesça d'un imperceptible mouvement de tête. Prenant son courage à deux mains, elle s’apprêta ensuite à lui répondre qu'il n'était pas le moins du monde en train de devenir fou. Cela serait pourtant tellement simple si tu le lui laissait croire, ne crois-tu pas ? Il est bien trop dangereux pour toi. Au prise avec sa conscience, Ella ne savait sur quel pied danser. Solal n'était pas ce dont elle avait besoin ou plutôt si, il était exactement ce dont elle avait toujours eu besoin mais elle ne voulait plus le blesser, plus être blessée. Elle agissait comme un animal affaibli dont la blessure ne se serait toujours pas refermée ce qui était parfaitement le cas. Cependant elle ne pouvait pas l’entraîner sur le chemin qu'elle se destinait, elle ne se le permettrait pas. C'était quelqu'un de bien trop gentil, de bien trop doux pour que l'on puisse le tirer ainsi vers le bas. Or c'est exactement ce qu'elle lui apportait lorsqu'elle le côtoyait ainsi, elle l’entraînait dans les profondeurs de sa folie. Ce duel avec sa conscience l'acheva et la Ravenwood se laissa glisser sur le sol. Ses genoux s'entrechoquèrent avec le sol froid de la pièce mais la douleur semblait moindre par rapport à celle qu'elle devait actuellement supporter, celle qu'elle endurait en était aussi proche de cet homme, son premier et unique véritable amour. Le sol, c'était le seul endroit où elle était sûr de ne pas trembler de tous ses membres. Dans un murmure et avec une pointe de désespoir dans la voix, la jeune fille leva les yeux vers ce garçon qu'elle désirait si ardemment au fond d'elle même et ajouta : « Si tu es fou, je le suis aussi ... » Son cœur criait : si je suis folle c'est de toi ! Mais son cerveau refusait de transmettre censurant minutieusement la moindre de ses pensées, comme un barrage rigide, un rempart imprenable.

Tremblant de plus belle, une seule et unique larme rebelle dévala sur les joues de la jeune fille. Rageusement, elle la chassa du dos de sa main et après avoir profondément inspiré, elle se releva péniblement, s'adossant contre le mur opposé à celui qui hantait désormais son esprit. « Je crois que je viens de trouver l'excuse en or pour sécher le cours de SACM ... » Il était rare que la jeune fille pense à voix haute et pourtant, dans ce murmure amusé, malgré les circonstances, malgré sa poitrine qui brûlait et ses entrailles qui se tordaient dans tous les sens et dansaient la polka, c'est exactement ce qu'elle venait de faire. Penser à voix haute. L'impact de la bombe Rosebury n'avait-il donc aucune limite sur elle ?
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MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Jeu 18 Déc - 22:08

ft. ellamour && solilou
l'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi..
C'est comme un film rejoué inlassablement en arrière. Je distance d'un nombre incalculable de pas et il suffit à la jeune fille de s'interposer dans mon champ de vision, de s'approcher un peu trop près. Et je suis tiré en arrière, par une force invisible, intangible. Qui me ramène au point de départ, près d'elle. Je mentirais si je disais que je ne le veux pas, au fond de moi. Comme une plaie béante, que j'ai eu beau panser des mois entiers. Des points de suture qui lâchent au moindre mouvement brusque. Mon coeur bat si fort qu'il semble au bord de l'implosion. Tout à cause, ou grâce, je ne sais plus, à Ella Ravenwood. Ce visage de poupée étudié de nombreuses heures, cartographié de mes yeux verts sans aucune lassitude. Cette intonation melliflue dans sa voix, cette délicatesse apparente. Et des images qui remplissent ma tête ainsi que des gouttes de vin dans un verre à pied. Ses fins bras entourant ma taille, son visage enfoui dans mon giron. Son souffle tiède s'échouant dans le creux de mon cou. Cette habitude de se hausser les pointes de pied afin que nos lèvres puissent se joindre enfin. L'étincelle pétillante de ses yeux à ma rencontre, me faisant penser que je devais arborer les mêmes, dans ces instants. Elle avait été un havre de paix, un îlot de paisible dans lequel je m'étais enfui sans jamais le moindre regret. Tout contre la chaleur réconfortante de son corps menu, je m'étais si bien, écarté de toute folie. Je m'étais senti imperméable à tout ce qui n'était pas elle. On dit que c'est ça, le premier amour. On dit que c'est cette force des sentiments qui se matérialise sous la forme d'un trente-trois tonnes lancé à vive allure. Qui tonne et s'écrase dans notre estomac, envoyant valser toute raison. Aveugles à tout ce qui n'est pas l'être aimé. Aveugles à tout ce qui pourrait se tramer, aveugles aux conséquences d'un infime geste. Et je n'ai pas vu venir ce qui était arrivé. Je m'étais pris se trente-trois tonnes à une violence inouïe. Me laissant désorienté, perdu, fuyant tout ce qui était elle. Des jours entiers avec le silence pour seule compagne. Des jours entiers à garder ma bouche clos, mes yeux secs. À regarder la pluie d'automne tomber sur les vitres sales. À observer la course folle des gouttes rondes et brillantes qui dévalaient la surface transparente. Dans un état second. Aussi loin d'ici que possible sans quitter l'assise de mon siège. Noyé sous la marée tremblante et salée de la tristesse, de la déception.

Je me retrouvais prostré d'un côté de la pièce exiguë, les mains tremblantes. Bordel, qu'est-ce que c'est que ça ? Je sentais les résidus de ce contact physique traverser mon épiderme de long en large. Un stimuli électrique qui voguait le long de la route sinueuse de mes terminaisons nerveuses. Chaque synapse reliée à une autre et ainsi de suite jusqu'à ce que le marathon échoue dans mon cerveau. Je frissonne, déboussolé. Je ne comprenais pas. Je ne comprenais plus. Tout ce qui se passait, depuis ma chute jusqu'au moment présent me semblait absurde, irréel. Pourtant, ça l'était.

J'ose lever les yeux pour rencontrer de nouveau le visage de la rouge et or. Une autre claque en pleine face. Je ne peux m'empêcher de dévorer ses traits avec avidité. Comme si je n'allais jamais arrêter d'être émerveillé par la joliesse de ses traits. Un murmure qui valse jusque dans mes oreilles. Un battement de coeur qui rate le coche, qui vacille. Grand dieu. C'est le foutoir dans ma tête, dans mon corps, dans cette vie que j'avais mis tant de temps à recoller les morceaux éparpillés. Elle était la raison de ma descente aux enfers et le baume à mon coeur. Et il était si difficile de concilier ces deux éléments. Comme perdu au croisement de deux chemins. Un regard vers le passé, vers ce qui a été perdu et douloureux. Un coup d'oeil vers un possible avenir sous le soleil rassurant. Misère. Je serrai les poings, maîtrisant l'envie de marteler le mur. Éviter de passer pour un dingue, ça serait bien. Je manque de faiblir quand j'observe cette perle salée et lumineuse dans l'obscurité, dévaler la douce courbe de sa joue. À cause de moi. Puis elle dévie sur autre chose, le temps d'une seconde. Les cours de soins aux créatures magiques. Mon cours préféré. « Je dois avouer que les manières du professeur Ravenhaal sont plutôt excentriques. Mais il est passionné parce qu'il fait, il connait énormément de choses. » Dès qu'il s'agit de parler des bestioles surnaturelles, ma bouche s'ouvre sans mon consentement. J'étends mes longues jambes sur le sol, prenant garde à ne pas frôler ses pieds des miens. Je n'ai pas confiance en mon propre contrôle pour cela. Je cherche ses yeux des miens. Et je cesse d'un seul coup. Je me souviens. Je suis certain que c'est à cause de mes fréquentes sorties à l'extérieur que ce "nous" s'est lentement effrité. Damn. Je soupire, passe une main sur le haut de mon crâne. Agrippant mes cheveux emmêlés. J'ai presque envie de les couper. D'enlever cette masse grouillante qui gît derrière ma tête. De souffler, de prendre un nouveau départ. Je fais rouler ma baguette entre le plat de mes deux mains. Je ne sais pas quoi ajouter d'autre. Trop de choses qui nous séparent aujourd'hui pour avoir encore une conversation normale. C'est étrangement décevant. Triste. Je fais rouler mon épaule une nouvelle fois. Puis le cliquetis d'une porte qui se déverrouille. Je n'avais pas pris conscience du nombre écoulé de minutes passées dans ce cagibi. Mais l'heure est venue de se séparer, je crois. Histoire de remettre de l'ordre dans nos idées respectives. Besoin de respirer, de s'éloigner de tout ce que cet endroit a fait resurgir encore. « Je suppose qu'échapper au cours de soins ne sera pas au programme d'aujourd'hui, finalement. » Je jette un oeil à l’entrebâillement de la porte. Laissant passer un rai de lumière vive qui me fait plisser des yeux. « Je crois que nous sommes libres. »               
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MessageSujet: Re: « i can't remember to forget you » (ella) Mar 23 Déc - 15:54


   
« L'oubli n'est pas une option,
quand il s'agit de toi... »
Même dans un moment pareil, Solal prenait la défense du sadique canard boiteux. Ella serra les dents de manière imperceptible pour toute personne ne la connaissant pas aussi bien que le jeune homme qui se trouvait face à elle. La colère l'envahissait et il lui était difficile de la réprimer et de la cacher aux yeux de tous, ce tous se réduisant pour l'instant au beau Rosebury. Ce garçon avait le don de la faire sortir de ses gong mais plus généralement de lui faire sentir toutes sortes d'émotions. Que cela soit une douleur lui déchirant les entrailles, une colère résonnant dans chacun de ses membres ou encore un amour venant du plus profond de son d'elle même et qui l'a faisait vibrer de tout son être. En résumé il avait le don de lui faire sentir à quel point elle pouvait être vivante en sa présence. Grommelant quelque chose dans le genre « de toute façon j'aime pas les SACM », la demoiselle se morfondait dans son mécontentement, les bras croisés sur la poitrine, signe ostentatoire de sa forte contrariété. Cependant, elle ressemblait plus à une gamine d'une dizaine d'années à qui l'on aurait refuser de donner un carré de chocolat parce qu'elle n'avait pas été assez sage et qu'en plus c'était mauvais pour sa santé de manger trop de  confiseries.

Un profond silence s'installa entre les deux jeunes gens, que ni l'un ni l'autre n'osait brisé, n'aurait souhaité briser pour rien au monde pas même leurs propres vies. Ils n'avaient plus grand chose à se dire, ayant été séparés pendant bien trop longtemps. De voir à quel point ils étaient si loin l'un de l'autre au jour d'aujourd'hui blessait la jeune Ravenwood, surtout lorsqu'elle se remémorait tous les souvenirs qu'elle partageait avec lui. Une profonde tristesse imprégnait tout son être. Impossible d'avoir désormais une conversation comme n'importe quel être humain, mais la présence du Serpentard réchauffait le cœur de la griffonne qui pensait ne plus posséder cet organe depuis bien longtemps. Il était là, et c'était particulièrement agréable. Une sorte de paix intérieur en quelque sorte. Un bonheur factice, une pièce de théâtre. Oui c'est cela, une représentation qui tôt ou tard prendrait subitement fin avec la tombé du rideau sur la scène faisant disparaître les héros, effaçant l'histoire de leur vie par un simple tissu en soie carmin. Passant une énième fois la main dans ses cheveux, la Rouge et Or inspira doucement, sentant que le moment où ils devraient se séparer se rapprochait encore plus rapidement, sans que l'on ne puisse réellement faire quoi que ce soit pour empêcher la tragédie de se produire. Déjà le dénouement était annoncé.

Quelques instants passent puis le bruit mécanique de la serrure se déverrouillant résonne sinistrement dans l'exigu petit placard dans lequel ils avaient été enfermé il y a peu. Le cœur battant plus fort encore, la jeune fille suivit de ses yeux la porte qui s’entrouvrait légèrement laissant la lumière pénétrée dans l'obscurité qui régnait jusqu'à présent sur le cagibi. C'était la fin, comme toute chose qui vit, qui existe. L'espace d'un instant, Ella se pencha sur la question. Tout chose qui vit est voué à mourir et pourtant chaque chose qui existe ne meurt pas forcément. Les mythes et les héros ne meurent pas, tout comme le véritable amour. Dans ce cas là, serais-ce un mythe, une légende urbaine, une rumeur ? C'est toujours ce qu'elle avait pensé mais avoir été ainsi enfermé avec Solal dans ce placard remettait tout en cause, lui donnait matière à voir les choses sous un angle différent.

Ça suffit ! Il fallait qu'elle s'échappe avant d'être consumée toute entière. Il fallait qu'elle s'enfuit maintenant. Avec une assurance feinte la jeune fille se leva et s’apprêta à quitter la pièce. Sur le seuil de la porte, elle se retourna vers celui qu'elle avait considéré comme l'élu de son cœur. Ella fut frappée par la situation. Elle était toujours amoureuse, il n'y avait désormais plus aucun doute à avoir sur ce sujet là. « Cela m'a fait plaisir de te revoir Solal. » Alors, et pour la première fois depuis des lustres, la jeune demoiselle lui adressa un sourire des plus francs, sans aucun sous entendu, avec toute la bonté dont elle était capable, un de ces sourires qui se reflètent jusque dans vos yeux. Puis elle quitta alors la pièce. Elle fit alors quelques pas puis lorsqu'elle fut hors d'atteinte ou plutôt assez loin pour que le jeune homme ne puisse l'entendre elle se mit à courir comme si sa vie en dépendait. C'était peut-être le cas après tout … Au diable les SACM ! Les larmes coulèrent alors sur ses joues sans qu'elle ne puisse les empêcher, mais pour la première fois depuis qu'elle s'était séparée du Serpentard, ces larmes étaient désormais plus que le symbole de douleur et de tristesse que leur relation lui avait inspiré jusqu'à présent.
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